Everything Nice


Jamaica’s Colors

Everything Nice – Jamaica’s Colors se déploie dans l’écart entre ce qui brille et ce qui se fissure : murs, taxis, devantures explosent au soleil en couleurs vives, posant une peau éclatante sur la précarité et les héritages coloniaux.

Ces couleurs proclament que « everything is fine » tout en laissant affleurer fatigue et espoirs. Par la série photographique, les surfaces cessent d’être décor pour devenir seuils, invitant à lire, dans chaque couche de peinture, la tension entre célébration et fragilité.

 

Pensé d’abord comme un livre – une immersion dans les couleurs –, chaque page y fonctionne comme une membrane de haut-parleur qui fait résonner la culture et, en creux, les humains qui habitent ces couleurs - la société.


Ce travail trouve son origine dans l’histoire sociale des couleurs explorée par Michel Pastoureau, qui rappelle combien rouge, jaune, vert et autres teintes changent de rôle selon les époques et les sociétés, et évoque, citant Georges Banu, le rideau de scène flottant au‑dessus de la « fêlure du monde ».

 

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« C'est la société qui « fait» la couleur, qui lui donne ses définitions et ses significations, qui construit ses codes et ses valeurs, qui organise ses pratiques et détermine ses enjeux. Ce n'est pas l'artiste ou le savant; ce n'est pas non plus l'appareil biologique ou le spectacle de la nature. Les problèmes de la couleur sont toujours des problèmes sociaux, parce que l'homme ne vit pas seul mais en société. »


Noir. Histoire d’une couleur, Michel Pastoureau.